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Le changement d’alimentation peut réduire le taux d’imprégnation du corps humain au BPA

Une étude américaine publiée le 30 mars 2011 dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives montre que l’arrêt de la consommation d’aliments en conserve ou emballés dans des plastiques alimentaires à base de polycarbonate (PC) permet de réduire le taux d’imprégnation du corps humain au BPA.

Pendant 3 jours, 5 familles américaines ont ainsi reçu des produits alimentaires frais et avaient pour interdiction de consommer des aliments ou boissons en conserve ou des plats préparés hors domicile. Les effets ont été significatifs. Le taux de BPA a chuté de 60% en moyenne.

Source EHP : http://ehp03.niehs.nih.gov/article/info:doi/10.1289/ehp.1003170

Bisphénol A, alertez les bébés !

Télérama publie sur son site une série d’article sur les polluants chimiques et leurs effets sur notre santé. Un article est consacré à la problématique des perturbateurs endocriniens et plus particulièrement le bisphénol A.

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Les effets du BPA plus importants que prévu

Des chercheurs de l’Institut de génomique fonctionnelle de l’université de Lyon ont publié le 26 janvier dernier dans la revue BMC Development Biology les résultats de nouvelles recherches sur le Bisphénol A. Passée inaperçue jusqu’au 9 mars, date à laquelle le CNRS a fait une communication (http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2128.htm), l’étude illustre pour la première fois la sensibilité au BPA de l’oreille interne de certains vertébrés, comme le poisson zèbre et le xénope. Une recherche qui prouve que les effets du BPA sont beaucoup plus importants que prévus.

Jusqu’à présent, la plupart des études ont analysé l’impact du BPA sur la reproduction et le développement du cerveau. Le BPA, comme tout perturbateur endocrinien, peut modifier les équilibres hormonaux des vertébrés. Il est capable de se lier aux récepteurs des œstrogènes et de mimer leur action dans l’organisme. C’est pourquoi il est jugé reprotoxique, c’est-à-dire «préoccupant pour la fertilité de l’espèce humaine».

L’équipe de Vincent Laudet, en collaboration avec les chercheurs de l’Inserm, du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Inra, se sont intéressés à l’effet du BPA sur le développement embryonnaire. Ils ont exposé des œufs de poissons zèbres à des concentrations de plus en plus importantes de BPA (de 1 à 20 milligrammes par litre).

Après cette exposition, la plupart des embryons de poissons zèbres présentaient des anomalies au niveau des otolithes, ces petites structures au niveau de l’oreille interne qui servent à contrôler l’équilibre et jouent un rôle dans l’audition. Les scientifiques ont renouvelé l’expérience sur le xénope, un amphibien, et ont pu remarquer le même type d’anomalies. «Des effets que personne n’avait jamais mis en évidence auparavant. Les scientifiques ne regardaient que les effets sur la reproduction», précise Vincent Laudet.

Ces travaux montrent que les effets du BPA ne sont pas uniquement reprotoxiques. A des doses assez élevées, le bisphénol A agit sur le développement embryonnaire. Les cibles de la molécule sont donc plus nombreuses qu’initialement pensé. Selon le chercheur, l’effet serait également totalement indépendant des récepteurs des œstrogènes. D’autres récepteurs encore inconnus semblent jouer un rôle dans le phénomène.

La prochaine étape pour Vincent Laudet et son équipe sera donc de caractériser le récepteur qui entre en jeu et d’étudier les effets du composé chimique sur le développement embryonnaire des animaux, y compris des mammifères.

Source : Journal de l’environnement

Des poisons dans notre assiette

[...] L’aveuglement sur le bisphénol A

« Comment expliquez-vous que l’Afssa (3), l’agence française, ou l’Efsa, l’Autorité européenne, ou encore la FDA, s’accrochent à la DJA [dose journalière acceptable] de 0,05 mg/kg, alors que des centaines d’études sur le bisphénol A montrent des effets à des doses bien inférieures ? » La question a fait sourire Linda Birnbaum, la directrice du National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) qui m’a reçue, le 26 octobre 2009, dans son bureau, orné du drapeau étoilé, du Research Triangle Park (Caroline du Nord) [...]. « Pourquoi ? a-t-elle répété, en cherchant visiblement ses mots. Parce que ces agences n’ont pas examiné les nouvelles données, c’est le problème [...] Au cours des dernières années, une quantité énorme de données a été publiée dans la littérature scientifique qui montre que le bisphénol A produit des effets sur les organismes en développement à des niveaux d’exposition extrêmement bas. Je pense que le fait d’ignorer ces nouvelles données ne relève pas d’une attitude scientifique… »

La franchise de Linda Birnbaum m’a carrément sidérée, car je ne m’attendais pas à ce que la directrice du plus grand organisme de recherche publique des Etats-Unis lance un tel pavé dans la mare des agences réglementaires, même si elle a une réputation de scientifique rigoureuse et intransigeante sur l’éthique professionnelle [...]. En 2007, cette toxicologue renommée a signé avec trente-sept autres scientifiques une « déclaration de consensus » sur le bisphénol A, qui fut soutenue par le NIEHS. « L’étendue des effets nocifs observés sur des animaux de laboratoire exposés à de faibles doses de bisphénol A pendant la vie foetale et adulte constitue une cause d’inquiétude, en raison des effets similaires potentiels qui pourraient affecter les humains », écrivent-ils dans leur conclusion. [...]

Un an plus tard, Linda Birnbaum était associée à la rédaction d’un volumineux rapport sur le bisphénol A publié par le très officiel National Toxicology Program [NTP]. Dans ses conclusions, le NTP admettait, avec la prudence de rigueur, une « certaine préoccupation pour les effets neurologiques et comportementaux sur les foetus, nourrissons et enfants aux niveaux d’exposition courants, ainsi que pour les effets sur la prostate, la glande mammaire et l’âge de la puberté chez les sujets féminins ».

Le ton était certes très mesuré, mais le gouvernement canadien ne s’y est pas trompé : peu de temps après la publication du rapport préliminaire du NTP, il annonçait la suspension immédiate de la vente de biberons contenant du bisphénol A [...].

« Quel est l’enjeu du bisphénol A ? ai-je finalement demandé à André Cicolella [toxicologue, porte-parole de l'association Réseau environnement santé].

- Si le bisphénol A est devenu une substance emblématique, c’est parce qu’il incarne la nécessité d’un changement de paradigme pour l’évaluation des produits chimiques, m’a-t-il expliqué. La réglementation actuelle repose sur des concepts des années 1970, complètement inopérants pour des substances comme les perturbateurs endocriniens [...]. On a formé des générations de toxicologues avec l’idée que « c’est la dose qui fait le poison » ; or on s’aperçoit aujourd’hui que, pour de nombreuses substances, c’est la période – et, parfois même, la journée – qui fait le poison. La formation des testicules se fait par exemple le quarante-troisième jour de la grossesse : ce jour-là, il vaut mieux que la femme enceinte évite d’avoir une exposition à des molécules qui ont un impact testiculaire… »

[...]

Source : L’Express

Après Système U, Carrefour supprime ses tickets de caisse à base de BPA

Le Réseau Environnement Santé (RES) vient de saluer la décision de Carrefour de supprimer le bisphénol A de ses tickets et coupons de caisse à partir du mois de février.

Application du principe de précaution

Annoncée sur le site lsa-conso la décision de Carrefour concerne 1 600 magasins, supermarchés, hypermarchés et magasins de proximité du groupe.

Carrefour rejoint ainsi Système U qui avait déjà annoncé une décision du même ordre en décembre dernier.
Ces décisions relèvent du principe de précaution à l’égard des salariés de la distribution et des clients

Employé dans la fabrication de certains plastiques alimentaires (biberons, canettes), le bisphénol A est considéré comme un perturbateur endocrinien.
Utilisé dans la fabrication des tickets de caisse, il pourrait se transmettre à l’organisme lors de leur simple manipulation a récemment alerté une recherche de l’Inra de Toulouse.

Le RES espère une généralisation du mouvement de substitution

« Le RES se réjouit de ce mouvement qui, nous l’espérons, se généralisera à tout le secteur de la distribution. Voilà une mesure que l’Etat devrait reprendre à son compte pour éliminer définitivement cette source d’exposition de la population au BPA », indique un communiqué du Réseau Environnement Santé.

Le RES entend « interpeller l’ensemble des acteurs économiques afin d’obtenir des informations publiques sur leurs usages et leurs politiques vis-à-vis du Bisphénol A et permettre aux consommateurs de faire un choix éclairé. »

Source : Maxisciences

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