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Logo recyclage : repérer les 7 types de plastique dangereux.

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Vous avez sans doute déjà aperçu le logo recyclage avec un petit chiffre dessus ? Nous allons détailler dans cet article ce que cela signifie. Associé à ces numéros, on entend souvent de parler de BPA, de phtalates, des dangers du PVC ou de perturbateurs endocriniens. Avant de détailler le logo recyclage, nous vous proposons de faire le point sur les différents dangers que présentent le plastique. Il est effet partout dans notre société et vous allez voir, il fait des ravages sur notre santé.

Le plastique est toxique pour notre santé et pollue l’environnement.

Ils est autour de nous, silencieux, dans nos maisons, nos murs, nos tuyaux de plomberie, nos bouteilles et nos canettes, nos tapis, nos implants dentaires, nos lentilles, nos téléphones, nos voitures, notre tapis de jardin et bien plus encore. Nous parlons…? Du plastique bien sûr !

Mis à part l’impact dévastateur sur la santé de notre planète, l’impact du plastique sur la santé humaine est insidieux. Décennies après la décennies, nous avons vu que les taux de cancer de la prostate et du sein augmenter, les taux de fécondité chez les hommes chuter, les jeunes filles pubères plus précocement, les jeunes garçons devenir de plus en plus hyperactifs et les bébés de plus en plus gros. Toutes ces constatations sont le résultat de différents facteurs, mais chacune correspond indéniablement à un des effets de la toxicité du plastique.

Les perturbateurs endocriniens sont le principal risque avéré du plastique sur la santé humaine. Certains des perturbateurs endocriniens connus les plus dangereux sont composés de dioxines et de PCB, qui ont pollué les cours d’eau de notre pays. Dans le corps humain, les perturbateurs endocriniens imitent les actions de l’hormone œstrogène. Ils perturbent l’équilibre hormonal et peuvent stimuler la croissance de tumeurs dans le sein, l’utérus ou la prostate. Ils peuvent affecter la fertilité, la grossesse, et pire, ils peuvent affecter le fœtus en interférant avec la testostérone, perturbant son développement sexuel. Ce genre de troubles n’est souvent pas décelable avant l’âge adulte et représente un risque accru de cancer.

BPA : des perturbateurs endocriniens dans le plastique

L’un des principaux produits chimiques utilisés pour produire les matières plastiques est le bisphénol A, ou BPA. C’est un perturbateur endocrinien que l’on retrouve dans un grand nombre de produits de grande consommation, dont notamment des récipients en plastique pour aliments et boissons ou encore dans le revêtement de boîtes métalliques. La chaleur, le lavage répété, l’acidité et l’alcalinité font que le BPA présent dans les plastiques se décompose dans nos aliments et nos boissons. De plus, du BPA lixivié (libéré hors du matériau) est présent dans nos nappes phréatiques. Il provient du lessivage par les eaux de pluies de tout le plastique stocké dans les sites d’enfouissement. Et bien sûr, nous ingérons ce BPA lorsque nous mangeons les poissons qui ont déjà assimilé tout le plastique flottant dans l’océan.

Des études ont révélé que le BPA demeure détectable chez environ 95 % de la population des pays occidentaux. On le retrouve dans le sang, les urines, le liquide amniotique, le lait maternel. Les bébés et enfants en bas-âge sont les plus à risque car ils mettent tout dans la bouche, ils respirent et boivent plus, proportionnellement à leur taille, et ils absorbent plus lentement ces composés.

Les risques liés au BPA

Les risques du BPA pour la santé ont été observés principalement par des tests sur les animaux, et il existe une certaine controverse quant à savoir si le risque humain peut être extrapolé à partir de ces essais animaux.

Cependant, une augmentation des effets indésirables du BPA observé sur les animaux, tels que les cancers de la reproduction, l’obésité, le diabète de type 2 et même l’autisme, ont été observés dans la population humaine au cours des 50 dernières années, ce qui coïncide avec l’augmentation de la consommation de plastique. Bien que la corrélation ne soit pas une causalité, les signes ne sont certainement pas encourageants.
C’est ainsi qu’en juin 2017 (à peine), l’agence européenne des produits chimiques (ECHA) a annoncé, l’inscription du bisphénol a (BPA) sur la liste des substances « extrêmement préoccupantes » (« substance of very high concern », SVHC).

La réglementation

En France, le bisphénol A (BPA) est interdit dans la fabrication de contenants alimentaires depuis la fin du mois de janvier 2015. Pourtant, lors d’une étude portant sur plusieurs produits et leurs contenants réalisée en avril 2016 par l’Association santé environnement France (ASEF), de petites quantités étaient encore présentes dans une canette de soda et dans deux boîtes de haricots blancs. «  Dans notre pays, le BPA est proscrit dans les contenants alimentaires, mais ce n’est pas le cas dans l’ensemble des pays du monde ou même de l’Union européenne, précise André Cicolella, président du Réseau environnement santé (RES). Nous n’avons aucune garantie de surveillance sur ce qui entre à la frontière.  »

Autre problème : même si les industriels acceptent de ne plus l’utiliser, ils ont pour la plupart remplacé le BPA par d’autres bisphénols (le S ou le F), encore autorisés malgré les soupçons quant à leurs effets néfastes sur le système hormonal. Point positif en revanche, pour les bébés : tous les biberons semblent maintenant ne plus contenir de bisphénol (A, S ou F).

Le PVC et les phtalates

Une autre classe de perturbateurs endocrinien appelé phtalates est également présente dans les produits plastiques contenant du PVC. Les phtalates sont utilisés pour adoucir le plastique. On peu ainsi les retrouver dans les jouets, les déodorants et les shampoings, les rideaux de douche, les imperméables, les emballages alimentaires et une myriade d’autres produits. Les phtalates sont faiblement liés au plastique et absorbés facilement dans les aliments, les boissons et la salive, et comme le BPA, ont été fréquemment détectés dans différentes études. L’effet le plus important des phtalates sur la santé de l’homme touche à la reproduction. L’exposition des foetus au perturbateurs endocriniens chez la femme enceinte entraînerait des malformations génitales.

Les dangers des dégagements gazeux

Le danger des produits chimiques présents dans le plastique ne se limite pas à la lixiviation (libération de particules) dans les bouteilles et les emballages alimentaires. Les dégagements gazeux (ou dégazages) sont tout aussi préoccupants.

Cette odeur de nouvelle voiture, ou l’odeur d’un nouveau tapis en fibre synthétique ou d’un nouveau jouet en plastique, sont en fait des dégagements gazeux. Ce qui se produit chimiquement, c’est que les composés organiques volatiles (COV) s’évaporent dans l’air autour de nous. Ces gaz sont, dans de nombreux cas, dangereux pour la santé humaine.

Ces COV comprennent les aldéhydes, les alcools, les plastifiants et les alcanes. Le PVC est probablement le plus grand responsable de la présence de ces gaz dans la maison tant son usage est répandu. Une accumulation de COV dans la maison (parfois appelé syndrome du bâtiment malade) peut entraîner des symptômes d’étourdissement, de nausée, d’allergies, d’irritations de la peau, des yeux, du nez et de la gorge et même de l’asthme. Les dommages à long terme sont dramatiques, peuvent augmenter les risques de cancer et les maladies cardiaques. La chaleur peut accélérer le processus de dégagements gazeux, il vaut donc mieux toujours mettre vos nouveaux produits en plastique au soleil pendant quelques heures afin de minimiser l’accumulation de COV à l’intérieur de votre foyer.

Malgré le logo recyclage, c’est un fait : fabriquer du plastique pollue.

Les dangers du plastique ne sont pas seulement liés à son ingestion. Au cours de la fabrication industrielle de plastique, une grande quantité de produits chimiques toxiques sont rejetés, dont beaucoup sont cancérigènes ou neurotoxiques. En particulier, le chlorure de vinyle intervenant dans la fabrication du PVC, les dioxines et le benzène du polystyrène, et le formaldéhyde permettant d’obtenir les polycarbonates.

Beaucoup de ces toxines sont connues sous le nom de POP ou de polluants organiques persistants. Ils sont très toxiques, et comme le plastique, il est difficile de s’en débarrasser.
Le plastique se trouve dans sous de nombreuses formes, différentes combinaisons de résines et de polymères permettent de donner lui donner différentes propriétés. Et ces différents types de plastiques présentent différents dangers. Un nombre est gravé dans la plupart des plastiques à l’intérieur d’un logo recyclage. Il permet d’identifier le type de plastique utilisé pour la fabrication d’un objet afin qu’il soit correctement recyclé. Mais en réalité, malgré le logo recyclage ce n’est qu’à peine 10% du plastique est recyclé et encore que ce soit en roue de vélo, en bouteille de soda, en isolant ou en manteau d’hiver, il finira toujours dans une décharge. Heureusement pour les générations à venir, des solutions de décontaminations sont en bonnes voie d’aboutir.

Logo recyclage : repérer les 7 types de plastique dangereux pour la santé.

Voici les plastiques les plus courants, classés selon le nombre se trouvant dans le logo recyclage, et certains le niveau de danger qu’ils présentent selon le Réseau Environnement Santé.

signification des numéros dans le logo recyclage du plastique

 

logo recyclage plastique pvc bpa 1PET: polyéthylène téréphtalate 🔴

Le PET est couramment utilisé dans les bouteilles d’eau vendues dans le commerce, les bouteilles de boissons gazeuses, les bouteilles de boissons sportives et les bouteilles de condiments (comme le ketchup). Bien qu’il soit généralement considéré comme un plastique «sûr» et qu’il ne contienne pas de BPA, en présence de chaleur, il peut relarguer du trioxyde d’antimoine, un métalloïde toxique dans les aliments et les boissons. Ce dernier peut provoquer des vomissements, des diarrhées et des ulcères d’estomac. Certaines études ont montré qu’il y a jusqu’à 100 fois plus d’antimoine dans une bouteille d’eau que dans l’eau de source. Plus la bouteille est conservée longtemps ou exposée à la chaleur, plus l’antimoine est susceptible d’avoir contaminé dans le produit.


logo recyclage plastique pvc bpa 2PEHD: polyéthylène haute densité 🔵

Le HDPE est couramment utilisé dans les bouteilles de lait et de jus, les bouteilles de détergents, les bouteilles de shampoing, les sacs d’épicerie et les boîtes de céréales. Comme le PET, il est également considéré comme «sûr», mais il a été démontré que les produits chimiques œrogènes qu’il libère sont dangereux pour les foetus et les jeunes enfants.

 


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PVC: Polychlorure de vinyle 🔴

Le PVC peut être flexible ou rigide, et il est utilisé pour les tuyaux de plomberie, les emballages alimentaires clairs, les enveloppes rétractables, les jouets pour enfants en plastique, les nappes, le revêtement de sol en vinyle, les tapis de jeu pour enfants et les blisters (y compris pour les médicaments). Le PVC contient un phtalate appelé DEHP, qui peut rendre les agir sur la virilité des hommes (les produits contenant du DEHP ont été interdits en France depuis 2015). Dans certains produits, le DEHP a été remplacé par un autre produit chimique appelé DiNP, qui a également démontré qui est aussi reconnu pour ses propriétés de perturbation hormonale.


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LDPE: polyéthylène basse densité 🔵

Le LDPE est utilisé pour les sacs de nettoyage à sec, les sacs à pain, les sacs de journaux, les sacs de courses, les sacs poubelles, dans les cartons de lait «en carton» et dans les gobelets pour boissons chaudes et froides. Le LDPE ne contient pas de BPA, mais comme chez la plupart des plastiques, il peut libérer des produits chimiques œstrogénés.

 


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PP: polypropylène 🔵

Le PP est utilisé pour fabriquer les ports de yogourt, les récipients alimentaires et certains vêtements d’hiver. Le PP est reconnu pour sa résistance à la chaleur et il ne semble pas libérer beaucoup de produits chimiques dans les aliments.

 


logo recyclage plastique pvc bpa 6
PS: polystyrène 🔴

Le PS, également connu sous le nom de Styrofoam, est utilisé pour les gobelets, les assiettes, les plats à emporter ou jetables et dans les plateaux de viande au supermarché. Le polystyrène peut libérer du styrène, un agent suspecté d’être cancérigène, en particulier en présence de chaleur (ne buvez jamais votre café chaud dans un gobelet en polystyrène !).

 


logo recyclage plastique pvc bpa perturbateurs endocriniens 7
Tout le reste ⚫

Tout élément en plastique non fabriqué à partir des six plastiques ci-dessus est regroupé dans la catégorie plastique avec le logo recyclage n°7. Ces plastiques avec le logo recyclage n°7 sont tous susceptibles de libérer du BPA et / ou du BPS. Ce sont des perturbateurs endocriniens puissants qui ont un impact sur l’humeur, la croissance, le développement, les fonctions sexuelles, la reproduction et la puberté. Et on suspecte ses effets sur bien d’autres fonctions essentielles du corps humain. Ils sont également soupçonnés d’accroître certains risques de cancer liés à la reproduction chez les adultes, l’obésité, les maladies cardiaques et le diabète de type 2.


9 conseils pour limiter votre exposition

La solution la plus évidente pour éviter de s’intoxiquer au plastique… c’est d’éviter les plastiques, ce qui, dans un monde inondé de plastique, est assez difficile. Ceci étant dit, il est fortement conseillé de bien regarder le logo recyclage et de faire entrer un minimum de plastique dans votre environnement et de prendre ces quelques précautions simples :

  • Ne jamais réchauffer des aliments au micro-ondes dans un récipients en plastique, cela augmente la libération de produits chimiques.
  • Évitez tout contact avec le BPA en choisissant des produits qui ont un minimum d’emballage et utilisez du papier pour emballer vos préparations (utiliser du papier alimentaire, du papier sulfurisé)
  • Limitez vos achats de récipients en plastique (choisissez des récipients en métal ou en verre)
  • N’achetez plus de bouteilles d’eau jetables (utilisez des bouteilles réutilisables en verre ou sans BPA). Si vous trouvez que l’eau du robinet à du gout, regardez la vidéo ci dessous.
  • Cherchez l’indication “sans-BPA” sur l’étiquette des produits (il ne s’agit pas d’une garantie de sécurité, mais cela limite au moins l’exposition au BPA). Utilisez des ustensiles de cuisine en métal et en bois plutôt qu’en plastique.
  • Trouver des plats et saladiers sans BPA. Évitez les phtalates en évitant principalement d’acheter des produits en PVC (logo recyclage n ° 3).
  • Recherchez des étiquettes sans phtalates.
  • Dans la mesure du possible, mettez les produits en plastique comme les matelas gonflables, les tapis en fibres synthétiques, les nappes et les jouets à l’extérieur pendant quelques heures afin de favoriser la dispersion de la plus grande partie des COV.
  • Évitez les plastiques avec le numéro 6 et 7 dans le logo recyclage chaque fois que cela est possible.

Voir aussi notre infographie sur les 6 conseils pour éviter le BPA.

Et parcequ’il vaut lieux sourire à la vie, voici une vidéo humoristique sur le plastique !

Cet article est une adaptation d’un l’article paru sur Alternet.org
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