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Bisphénol A ou BPA, un perturbateur endocrinien

Bisphénol A ou BPA, un perturbateur endocrinien

Qu’est-ce que le Bisphénol A ou BPA ? le rencontre-t-on ?, Et comment éviter de s’intoxiquer avec quelques règles simples dans son quotidien ?

Qu’est-ce que le Bisphenol A ?

Le Bisphénol A ou BPA est une molécule constituante :

  • du plastique polycarbonate (PC) et de plusieurs alliages et copolymères, ex : polysulfones (PSU). Ce sont des plastiques synthétisés par la pétrochimie et ensuite moulés par chauffage par les transformateurs.
  • de nombreuses résines époxy. Elles sont également préparés par la pétrochimie mais sont ensuite achevés par une réaction avec des durcisseurs soit soit sur un chantier par des opérateurs, soit dans une usine chez des transformateurs.

Ces 2 types de matériaux ont beaucoup applications : dans l’automobile, le bâtiment, l’industrie, le loisirs mais aussi dans le secteur alimentaire.

Le BPA peut aussi être utilisé dans une moindre mensure comme additif technique et antioxydant dans les polymères et dans certains plastifiants.

Plus d’informations ? Visitez la page Wikipedia sur le Bisphénol A.

Où rencontre-t-on le bisphénol A ou BPA?

Le Bisphénol A est utilisé dans un grand nombre d’applications industrielle grâce à ses qualités de transparence et de résistance aux chocs : phare d’automobile, lunettes, visière de casques, disques audio et vidéo (CD), bâtiment (vérandas, garde-corps) etc.

Dans les applications alimentaires on le rencontre dans la constitution :

  • des biberons (utilisation interdite depuis 2010)
  • des bonbonnes de fontaines à eau
  • de la vaisselle en plastique (assiettes, verres, boîtes alimentaires)
  • d’accessoires d’appareils électroménagers (cuisson vapeur, bouilloires etc.)
  • d’accessoires médicaux stérilisables etc.

Quant’aux matériaux époxy, ils sont constitués d’une résine contenant dans la plupart des cas du BPA. On y ajoute un durcisseur pour obtenir un matériau dur et relativement inerte.

Dans le domaine alimentaire, un revêtements utilisant les mêmes matériaux est utilisé pour améliorer l’inertie du récipient par rapport à son contenant. On les retrouve principalement dans :

  • les boîtes de conserves (plats cuisinés, légumes, sauces tomates etc.)
  • les canettes en alu des boissons : bières, eaux gazeuses, sodas etc.
  • les bidons en aluminium des randonneurs et sportifs
  • les couvercles de flacons verre et bocaux (pots pour bébés, confitures, jus de fruits, conserves diverses etc.)
  • les parois de châteaux d’eau

Mais aussi dans des endroits moins visibles mais qui nous touchent assez directement comme :

  • certaines canalisations d’eau potable de réseaux publics
  • les réservoirs, cuves à vin et autres liquides alimentaires

En dépit du soin apporté à la réalisation de ces revêtements, il demeure des imperfections de production, les conditions de stockage ou d’utilisation finale ne sont pas toujours adaptées, et c’est ainsi que des traces de BPA peuvent se mélanger au contenu.

Enfin le bisphénol A ou BPA peut aussi être ajouté à dans de très faibles quantités (quelques %), comme additif technique et antioxydant dans la réalisation de certains plastiques, caoutchoucs et plastifiants. Cependant, depuis les années 2000 conscient des risques, de moins en moins de fabricants européens utilisent le bisphénol A pour ce type d’application. Toutefois, il est toujours possible de trouver dans le commerce des films étirables alimentaires de fabrications non européennes moins soucieuses de santé publique et qui contiennent du BPA.

Pourquoi retrouve t-on du BPA dans les aliments ?

Malgré les précautions apportées à la fabrication des plastiques destinés au contact alimentaire, tous les matériaux organiques vieillissent et peuvent interagir, avec les produits alimentaires avec lesquels ils sont en contact.

Bien qu’il dispose de nombreuses qualités, le plastique polycarbonate n’est pas un plastique très résistant chimiquement. A température modérée (> 60°C) et en présence d’eau, il se dégrade et c’est ainsi qu’il libère le Bisphénol A dont il est issu. Cette caractéristique (tout comme la réaction du PC d’hydrolyse < 100°) est connue depuis longtemps et à déjà mainte fois été rapportée dans les publications scientifiques des organismes de santé publiques comme le Réseau Environnement Santé. Et il est surprenant que ce type de plastique ait pût être autorisé dans des produits destinés au contact alimentaire.

Bien que la molécule de bisphénol A ou BPA soit comme un maillon appartenant intimement à molécule du plastique polycarbonate et des systèmes époxy, certaines conditions de températures et l’association aux liquides alimentaires créant divers effets chimiques  chimiques divers peuvent fragmenter molécules et ainsi extraire des traces de BPA vers l’aliment.

Concernant les films étirables, aujourd’hui même si l’abandon du BPA par la profession du PVC permet de réduire les risques pour les films de fabrications européennes, les risques de transfert des plastifiants (souvent des perturbateurs endocriniens également) peuvent encore exister. Avec des films d’origines non européennes les risques sont encore plus importants et incertains pour le BPA et les plastifiants.

Comment éviter le BPA dans son quotidien ?

Quand on voit les listes des produits susceptibles de relarguer des traces de Bisphénol A ou BPA on prend conscience qu’il fait parti de notre environnement quotidien et familier et qu’il est donc très difficile d’y échapper. Comme toujours dans le domaine des risques quand on souhaite en supprimer un, il ne faut pas en introduire un autre, ou alors inférieur de préférence.

Nous voici donc quelques conseils pour limiter l’imprégnation en attendant une interdiction totale de cette molécule dans les applications alimentaires.

⛔️ Ne pas utiliser :

  • de vaisselle ou ustensiles de cuisines en plastique polycarbonate (pouvant se trouver dans les objets gravés« 6 » ou « 7 » dans un triangle fléché) au contacts d’aliments à froid et encore moins à chaud au four micro-ondes ou en cuisson vapeur. A la maison ou à l’extérieur, en effet certaines collectivités apprécieraient ce genre de vaisselle incassable pour les cantines scolaires ou les RPA ! Voir nous couverts sans BPA
  • de biberons en PC ou d’appareils électroménagers dédiés aux bébés qui ont des cuves en plastique polycarbonate (PC). Voir nos biberons sans BPA

❌ Éviter dans la mesure du possible :

  • le contact direct de film étirable sur les aliments gras. Le film reposera à la rigueur sur les bords d’un récipient.
  • de réchauffer un aliment dans sa boîte de conserve.
  • de consommer des boissons en canettes. Préférer les bouteilles verre ou à la rigueur en plastique PET, mais il existe quelques doutes sur cette matière aussi.
  • de retourner les pots de confiture sur le couvercle métallique. Laisser une lame d’air comme sur les pots du commerce, pour ceux qui préparent leur confiture maison.
  • de trop boire aux fontaines à eau (le plus souvent les bonbonnes sont en PC)
  • d’employer des appareils à cuisson vapeur avec cuve en PC. Préférer les ensembles traditionnels en acier inox, acier émaillé, voire en bambou comme en Chine.
  • d’utiliser des gourdes et bidons au revêtement beige intérieur en époxy. Sur notre site vous trouverez d’ailleurs beaucoup de modèles de gourdes sans BPA (« BPA free »).
  • d’acheter des petits pots cuisinés pour bébé (pots en verre avec couvercle métallique revêtu en époxy)

❓Demander

  • à votre dentiste la composition des amalgames proposés et éviter ceux à base de résine époxy
  • à votre viticulteur si son vin est stocké en cuve à revêtement époxy et suggérez lui d’employer plutôt des cuves inox ou les bons vieux tonneaux en chêne. Au-delà du BPA ces deux derniers types de contenants permettent également d’échapper au risque de traces d’amines aromatiques cancérigènes provenant du durcisseur du revêtement époxy.

 

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