L’essentiel de la veille scientifique Bisphénol A n°10
Bilan global de la veille effectuée depuis Mai 2009
Nombre d’études chez l’homme et l’animal
Montrant des effets : 150 (95 %)
• Chez l’animal : 96 dont 28 in vivo à une dose < DJA (EFSA)
• Chez l’homme : 54 (Effets sanitaires : 26 ; effets sur cellules in vitro: 28)
Ne montrant pas d’effets : 8
• Chez l’animal : 6
• Chez l’homme : 2
Bilan détaillé de la veille effectuée d’avril à juin 2011
EFFETS CHEZ L’HOMME :
Effet physiopathologiques :
- Le BPA et certains phtalates pourraient jouer un rôle dans le développement de l’athérosclérose.
- L’obésité chez la population adulte américaine est associée avec une exposition au BPA plus élevée.
Effets in vitro :
- Les bisphénols poly-halogénés, ainsi que certains de leurs métabolites, sont des perturbateurs potentiels de l’activité du PPARy.
EFFETS CHEZ L’ANIMAL :
Chez le rat :
- Une exposition à de faibles concentrations de BPA pendant les périodes prénatale et postnatale précoce prédispose au cancer mammaire.
- L’exposition prénatale au BPA modifie l’environnement endocrinien de la glande mammaire ainsi que son processus angiogénique et pourrait expliquer les lésions pré-néoplasiques se développant ultérieurement.
- Le BPA pourrait avoir des effets néfastes sur la spermatogénèse.
- Le BPA agit sur l’axe reproducteur de l’adulte mâle lorsqu’il a été exposé au composé chimique durant la période pré- et postnatale.
- L’exposition périnatale à une faible dose de BPA (50 µg) diminue la tolérance au glucose des sujets à l’âge adulte. Elle prédispose au syndrome métabolique chez ceux qui ont un régime riche en graisses. Ces effets néfastes n’ont pas lieu avec une exposition à des doses plus élevées de BPA.
Chez la souris :
- Les bisphénols poly-halogénés, TBBPA et TCBPA (retardateurs de flamme), pourraient fonctionner comme des obésogènes en perturbant les fonctions physiologiques régulées par le PPARy chez l’humain et l’animal.
- L’exposition à long terme au BPA pourrait contribuer de manière importante à l’étiologie du diabète de type 2.
- L’exposition à de faibles doses de BPA entre l’adolescence et l’âge adulte modifie les différences caractéristiques de certains comportements non-reproducteurs chez les mâles et les femelles.
- L’exposition précoce au BPA altère à l’âge adulte les capacités cognitives ainsi que les comportements vitaux qui permettent aux mâles de se reproduire car ils n’attirent plus les femelles. Ces résultats sont applicables à l’homme.
- L’exposition du fœtus au BPA augmente le risque de développer un cancer mammaire.
- L’exposition in utero aux polluants BPA, DEHP et vinclozoline peut induire un amortissement des modifications épigénétiques de certains gènes soumis à empreinte chez l’embryon.
Chez le singe
- L’exposition au bisphénol A modifie l’expression du récepteur de la progestérone de l’endomètre chez le primate, en rapport avec des résultats reliant l’exposition au BPA à un dysfonctionnement de l’endomètre chez l’humain.
Chez l’agneau
- Une exposition périnatale à de faibles doses de BPA ou de DES (Distilbène) induit des modifications de la dynamique des follicules ovariens pouvant affecter les fonctions des ovaires à l’âge adulte.
Chez le poisson
- Dans le modèle du poisson zèbre permettant d’étudier le développement, le bisphénol A préalablement méthylé par des bactéries environnementales est dix fois plus toxique pour les embryons que le BPA non modifié chimiquement.
EXPOSITION ENVIRONNEMENTALE
- Le bisphénol A est détecté chez 100% des jeunes enfants testés et provient pour plus de 95% de l’alimentation.
- Etude Elfe : Concentrations urinaires de BPA chez les femmes enceintes similaires aux autres études, 5% dépassent 50µg/L + contamination au phtalate de DEHP par le matériel médical en maternité.
- Selon une estimation, l’exposition cutanée au BPA via le papier d’impression thermique ne présenterait pas de danger pour la santé.




